06.07.2022 Human Ressources Farvest decrypt Luxembourg

Gaz, inflation, main-d'œuvre : la FEDIL (s’)alarme

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Suite à sa réunion le 4 juillet dernier, le conseil d’administration de la Fédération des Industriels Luxembourgeois (FEDIL) a pointé du doigt quelques sujets d’actualité qui pourraient considérablement préjudicier à la majorité de ses membres. 

La première source d’inquiétude de la FEDIL concerne la sécurité d’approvisionnement en énergie, notamment les plans de délestage en cas de pénurie de gaz naturel. En effet, les marchés de l’énergie sont sous tension suite à la guerre en Ukraine. De plus, l’Europe comptait sur la Norvège pour son approvisionnement en gaz. Seulement, il est fort possible que la Norvège voit ses exportations de gaz à la baisse, soit de 60%, en raison d’une grève.

Pour pallier les éventuelles pénuries de gaz, la FEDIL demande à ce que “les potentiels de substitution au gaz soient rapidement autorisés et entièrement utilisés”. Cela permettrait notamment de prévenir les coupures de fournitures, qui pourraient porter atteinte au marché industriel. Le directeur de la FEDIL, René Winkin, a déclaré que “des interruptions de production se répercuteraient bien au-delà des secteurs visés par d’éventuelles coupures”. Sachant que les prix du gaz sont revus à la hausse de par l’inflation globale, il est plus économique et écologique de se tourner vers des sources d’énergies vertes. Cela pourrait contrer les pénuries et ainsi, participer à la transition vers une industrie durable.

Par ailleurs, le commissaire européen au climat Frans Timmermans était de passage au Parlement luxembourgeois plus tôt cette semaine. Alors que la Commission Européenne s’apprête à inclure les énergies nucléaire et gazière parmi les énergies vertes, Charles Goerens (Renew Europe) l’a interpellé quant à ses positions sur ce sujet. Le commissaire européen a clairement exprimé son désaccord, estimant qu’il n’est pas judicieux de définir les énergies nucléaire et gazière comme source d’avenir. Demain, les députés de la Commission vont décider ou non de poser un veto sur cette taxonomie, susceptible de changer le marché énergétique.

De plus, la FEDIL soutient les principales organisations économiques internationales, qui s’inquiètent du taux d’inflation en constante augmentation pouvant résulter d’une spirale prix-salaires. La Fédération “souscrit entièrement aux efforts politiques” pour atténuer les répercussions de l’inflation via des “mesures ciblées, socialement efficaces, et bien temporisées pour certaines” lorsqu’elles présentent le risque de tomber dans un cercle vicieux.

Enfin, la FEDIL constate un manque de main-d’œuvre important dans un grand nombre de secteurs et d’entreprises. Elle réclame une étude approfondie visant à identifier les éléments défaillants qui portent atteinte à la disponibilité de main-d’œuvre et au bon fonctionnement des entreprises luxembourgeoises. “Confrontés à ce problème de disponibilité qui s’étend bien au-delà du seul secteur privé et qui risque de se traduire en vrai problème sociétal, les représentants d’entreprises sont effrayés par les tentatives politiques de jeter de la poudre aux yeux de l’électeur avec l’idée d’une baisse généralisée du temps de travail, déphasée par rapport aux réalités du fonctionnement du marché de l’emploi” conclut Michèle Detaille, présidente de la FEDIL.

Le dernier rapport de l’ADEM, publié le 20 juin dernier, soulignait d’ailleurs cette pénurie de main-d’œuvre. L’ADEM avait d’ailleurs annoncé sa stratégie “ADEM 2025”,  dont l’objectif est de préparer le pays aux prochains défis du marché de l’emploi. Est-ce que cela sera suffisant ?