06.07.2022 Human Ressources Farvest decrypt Télétravail

Télétravail : quelle stratégie pour protéger la santé mentale des employés ?

Télétravail santé mentale commission européenne

Hier, le Parlement européen a reconnu les avantages du télétravail, avec cependant quelques réserves quant aux risques qu’il peut engendrer. Télétravailler oui, mais quelles limites faut-il prendre en considération ? 

Le Parlement européen a voté une résolution qui reconnaît les avantages du télétravail, avec 501 voix pour, 47 contre, et 85 abstentions. En effet, le télétravail apporte notamment “une flexibilité et une autonomie accrues”. De plus, le développement du télétravail a permis, entre autres, aux employés d’établir un certain équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

Les députés ont cependant tenu à souligner que les avantages du télétravail peuvent se transformer en risques, notamment quant à la santé mentale des employés et le droit à la vie privée. Ce dernier peut être menacé à cause  du “contrôle et [de] la surveillance par la technologie via des logiciels et des outils d’intelligence artificielle, [du] contrôle à distance et en temps réel des progrès et de la performance”. Pour certains employés, cela peut alors entraîner des problèmes de surconnexion, bouleverser les “frontières entre vie professionnelle et vie privée”, et ainsi créer du techno-stress (stress lié à la sur-utilisation des nouvelles technologies). Le droit à la déconnexion est ainsi primordial afin de préserver le bien-être mental des employés.

La croyance selon laquelle l’UE n’a pas de rôle ou de compétence en la matière est une pure invention. La santé mentale des citoyens devrait être au cœur de nos travaux, et nous devons œuvrer ensemble pour faire face aux problèmes de santé mentale. […] Nous appelons également à la mise à jour de la législation européenne, afin de refléter les nouvelles réalités du travail numérique’’, a affirmé la rapporteure Maria Walsh (PPE, IE).

Le travail numérique est également porteur de nombreux défis en matière d’inégalités sociale, professionnelle et numérique. Cela concerne en partie “les personnes les plus défavorisées et les ménages monoparentaux”. De plus, le passage au télétravail est venu souligner une fracture numérique, voire une exclusion, dans le sens où il “n’est pas encore accessible à tous les travailleurs”. Les députés ont donc mis en avant la nécessité d’investir davantage dans la fourniture de compétences numériques aux personnes concernées.

De manière générale, les députés invitent la Commission – en collaboration avec les partenaires sociaux et autres parties prenantes – à proposer de nouvelles normes et conditions minimales pour que les employés puissent appliquer leur droit à la déconnexion, ainsi qu’à réglementer l’utilisation des outils numériques dans le cadre du travail.